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ITW for OBSKURE.COM (2004)

Alors qu’on se souvient encore des effluves acides du rock Batcave de Land Of passion ce collectif défunt fait aujourd’hui place place à Popoï Sdioh, une formation inventive créée par d’ex L.O.P. pour accoucher d’un premier album incroyable, à la confluence de nombre de mouvement musicaux tous plus sombres les uns que les autres, et qui n’excluent plus (du tout) l’électronique. Entretien avec une formation moins batarde que tout bonnement incroyable et créative.



- ObsküR[e] : Avant que Land Of Passion ne devienne Popoï Dioh, vous avez sorti sous ce nom un nombre impressionnant de k7 démos pour seulement un album paru en CD, « The arrival ». Ne ressentiez-vous pas quelque frustration à ne pas sortir davantage de « vrais » disques ?

- Federico Iovino : Si bien sûr, mais c’est essentiellement une question de moyens. Nous avons arrêté de démarcher les labels et avons pris les choses en main. Nous avons notre propre studio et nous occupons du pressage. Cela a des côtés positifs et également des côtés négatifs. Notamment au niveau du budget. Notre souhait serait de sortir un album par an, ponctué par des mini CD ou des vinyles (entre albums plus « officiels », ovnis sonores, projets solos, expérimentations...etc)
- Lagartija Nick : Pour ma part, je considère les K7 démos comme de réels albums. Il y a juste la forme commerciale et le son qui changent.

- Ces k7 démos avaient-elle un but de démarchage systématique des labels où vous situiez vous dans une autre optique ?

- Federico :De façon générale, on sortait quasiment tout ce que l’on enregistrait. Je pense que l’on avait un rythme « à l’ancienne » (sans compter les projets solo et obscurs) . Ces démos étaient autant destinées au démarchage qu’à la promo presse/radio ou à la vente au public. Tout était enregistré sur un mini studio 4 pistes à bandes.

- Cela nous a permis de faire connaître le nom et la musique de Land Of Passion et ceci étalé sur à peu près 8 ans. On n’avait pas réellement d’optique « commerciale » ; ce qui nous intéressait, c’était d’avancer, de jouer live. Un jour peut être, on les ressortira des tiroirs. Mais pour le moment, l’objectif est de regarder droit devant.

- Qu’est ce qui a causé la disparition de Land Of Passion ?

- Federico :Je ne pense pas que LOP ait disparu. En fait Popoï Sdioh, c’est LOP qui a changé de nom. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle formation ; même si il y a eu quelques changements de line-up. En fait Pat (guitare) et Mister H (claviers) nous a quittés pour aller former respectivement Oxsana Prism et Mayak. Sur ce, Vokobahn est arrivé et a pris les claviers. Sinon, la base du groupe est toujours la même.
Nick : La direction musicale prise depuis quelques années a fait que le nom du groupe se devait de changer. C’était un peu logique.
Vokobahn : De plus l’aspect poétique du nom « Land of Passion » ne convenait plus du tout à notre état d’esprit ainsi qu’à l’évolution du style musical. Pendant la durée de la conception de l’album énormément de choses ont changé il nous paraissait tout naturel de changer d’identité.

- Comment décririez-vous sur le fond et la forme la transition qu’inaugure le nouveau line-up sous l’appellation Popoï Sdioh ?


- Federico : Sans aucune hésitation : une plus grande ouverture d’esprit. Je crois qu’au fur et à mesure de l’élaboration et de l’enregistrement de l’album (1998->2003), nous avons réussi à virer nos œillères. On ne s’interdit plus rien. Tout peut être prétexte à un morceau (vraiment tout et n’importe quoi)
Nick : Nous ne nous sentons plus vraiment appartenir à une « vague » ou un courant musical. Nous nous efforçons d’être nous mêmes, avec notre propre son.

- Le nouvel album est une vraie réussite. Comment est venue l’idée de découper le disque par des plages typées « audiocrashtests » ?


- Federico : En fait nous avions accumulé une grande quantité de matériel. On trouvait que c’était dommage de ne pas les utiliser. Certains de ces « audiocrashtests » ont abouti à des morceaux plus construits ; par contre d’autres sont restés dans l’état. Ces plages sont également le moyen de faire respirer l’album entre les morceaux « guitare basse batterie ».

- C’est également le moyen de rendre compte de l’état d’esprit dans lequel on se trouvait : les expérimentations, le chantier perpétuel... Les tentatives avortées font partie du processus de création à part entière. Ce sont elles qui te font avancer.
- Nick : Tout est bon à enregistrer. Même les erreurs peuvent être exploitables et servir de base à une composition. Par exemple, le larsen est souvent considéré chez POPOÏ SDIOH comme un son à part entière et maîtrisé alors qu’au départ, il s’agit d’un défaut.
- Vokobahn : ça nous plait en général d’utiliser ce que d’autres auraient tendance à jeter.

- La fabrication de ces plages autonomes se fait-elle de manière indépendante du reste ou a-t-elle lieu simultanément à la composition des bases classiques basse/guitare/batterie ?

- Federico : Comment je le disais plus haut, ces expérimentations font partie du processus. Cela donne un peu une idée du chemin parcouru par un morceau.
L’évolution s’est faite parallèlement. Il ne s’agit pas de deux travaux différent. Tout se fait quasiment simultanément. Il n’y a pas eu de moment spécifique à tel ou tel type de morceau. Même si en grande partie, ces « audiocrashtests » sont travaillés à la base par moi-même, ils sont retravaillés de façon collective (arrangements ,le choix final).
- Nick : Il peut arriver qu’un thème ne soit pas exploité pour l’ instant pour en faire un morceau et soit utilisé come A.C.T. plus tard.
- Vokobahn : L’audiocrashtest est un peu comparable à de l’écriture automatique. On laisse couler et on regarde ce que ça donne.

- Ce découplage stylistique est-il une démarche que vous comptez entériner sur le prochain album, ou l’idée testée sur ce premier album restera-t-elle l’affaire d’un seul disque ?

- Federico :Personnellement, j’aimerais aller vraiment beaucoup plus loin. Je ne sais pas encore dans quelle direction. En tout cas vers quelque chose d’encore plus radical. Et certainement pas dans une direction « stylistique » précise : ni purement « electro », ou « goth » ou « guitare » ou « valse » ou « jazz ». Bref, ne pas enfoncer des portes ouvertes.
- Nick :Tout est possible en enregistrement même si , sur scène, la plupart des morceaux du set resteront « classiques », il se peut que des choses s’y passent. Surprendre le public est notre crédo.
- Vokobahn : De toute façon la musique que nous faisons est motivée par des envies, individuelles ou collectives, ponctuelles. Il est un peu prématuré de savoir précisément aujourd’hui ce dont on aura envie dans 6 mois. On verra ce qui se passera d’ici là .. !

- Vous parvenez à travers ce disque à donner peau neuve à une musique très empreinte de l’influence des 80’s (nous y voyons pour notre part des éléments tirés du Batcave et d’autres aspects tribaux issus de la Cold et du Death Rock). Vers quoi tendez-vous artistiquement ?


- Federico :Il est vrai que nos origines sont celles de la musique « dark » des années 80. dans ce qu’elle a de plus éclectique et innovateur. Nos racines sont donc toujours bien présentes mais on a réussi à élargir notre horizon. Personnellement, j’écoute autant Bowie ou Syd Barrett que Aphex Twin ou Throbbing Gristle.
Je ne pense pas que cela soit incompatible. Bien au contraire, c’est cette diversité qui fait que POPOÏ SDIOH soit si particulier.
- Vokobahn : On a d’ailleurs pas mal de surprises lorsqu’on lit des chroniques parce que les références citées vont dans tous les styles et dans tous les sens. Chaque personne nous situe par rapport à ses propres goûts. Le fait qu’on ne puisse pas nous coller une étiquette précise nous donne à penser que nous sommes arrivés à quelque chose de différent. En ce qui nous concerne, on fait simplement la musique qu’on a envie d’entendre rien d’autre.
- Nick : J’écoute du rock depuis la fin des 60’s et ayant connu en tant qu’ado les 70’s et surtout le Punk, je reste ouvert tout en essayant de garder ma propre identité, mon son (guitare), mon attitude.

- Il se trouve un nombre impressionnant de morceaux sur l’album. Est-ce un disque qui a été compliqué à réaliser, dans l’écriture ou la production ?

- Federico : Au niveau de la production : Nous avons tout réalisé nous mêmes (production artistique et exécutive). Donc, forcément beaucoup de bidouille car nous ne sommes pas ingénieurs du son. On a créé nos propres techniques (souvent peu orthodoxes). On ne recherchait pas forcément une qualité de son irréprochable. On voulait que cet album garde un son « vivant », un peu sale, avec de la sueur et des poils autour. (contrairement à 90% des productions actuelles complètement aseptisées, lisses, impersonnelles).
Au niveau de l’écriture : nous voulions éviter toute facilité ou tout cliché. D’où la présence de ruptures de rythmes, de dissonances etc.
C’est assez compliqué à mettre en place vu la diversité des caractères au sein du groupe. Mais c’est ce qui est bandant .
- Nick :Le fait de tout faire nous mêmes avec des budgets restreints limite la production mais favorise la création. Je me sens plus proche de productions artistiques artisanales et vraies. Etre libres est primordial pour nous.

- Comme sur les bandes de Land Of Passion qu’il m’a été donné d’écouter, il y a comme une mise en scène de la folie dans votre musique actuelle. Lorsque l’entité « Land Of Passion » s’est désintégrée, n’avez-vous pas eu la tentation de changer radicalement votre approche, dans un premier temps ?

- Federico : Non , du tout. Pour le moment, cet élément est indissociable de notre musique. Le passage de LOP à Popoï Sdioh n’a rien changé à notre état d’esprit, notre envie de théâtralité sur scène, ou de représentation des aliénations. Je pense que musicalement on s’en est encore plus rapproché.
- Nick :Non car nous sommes toujours les mêmes. Le fait également qu’il y ait un mouvement « mode » gothique (bien loin en réalité de ce que je considère comme goth/batcave) conforte notre position d’insoumis en ce domaine, en refusant les étiquettes
- Vokobahn : Ce n’est pas forcément conscient. ! On ne se dit pas qu’on devrait mettre en avant cette partie de notre personnalité plutôt qu’une autre. Je pense que c’est surtout une énergie tordue qui doit sortir.
Le fait que certains d’entre nous ne soient pas forcément équilibrés doit aussi jouer là dedans.

- Certaines textures me laissent penser que vous avez aussi une culture « industrielle ». Est-ce vrai, et comment qualifieriez vous votre rapport à ce mouvement ?


- - Nick : Nous venons d’une région industrielle également ! L’« Industriel » est pour moi les prémices de la musique. Avant de jouer de la guitare, je bidouillais des sons radios et tapais sur des fûts métalliques en 1975/76 avec des potes de labeur.
- Vokobahn : La musique industrielle fait partie des choses qu’on écoute ou avons écouté. Cependant je ne pense pas qu’on puisse parler d’un lien direct avec ce mouvement. Ça fait partie de notre culture globale, entre autres choses.

- Que gardez vous de l’ère « Land Of Passion » ?

- Federico : Nick :De bons souvenirs à travers l’Europe, des amis (polonais, grecs) et surtout une solide expérience de la scène en jouant dans n’importe quelles conditions. Nous sommes blindés à ce niveau là.

- Vous avez produit vous-mêmes ce nouveau disque, ce me semble. Est-ce vrai ? Nerves Prod. est-elle une entité qui vous appartient ?

- Federico :Nerves a été créé pour, au départ, produire Land Of Passion. Nous avons tout pris en charge pour cet album de Popoï Sdioh : production, etc.
- Vokobahn : En effet, nous avons totalement auto produit cet album. Comme le disait Federico tout à l’heure on a décidé de prendre les choses en main. Nerves prod., c’est Popoï Sdioh. C’est un moyen pour nous d’éditer notre musique mais également de développer d’autres activités alternatives comme le Vjing avec Komabox.

- Avez-vous abandonné l’idée de signer sur un label ? Préférez vous définitivement le système « do it yourself » ?

- Federico : Le fait d’avoir notre propre studio (même s’il n’est pas professionnel) nous a permis d’expérimenter, d’aller un peu dans toutes les directions. La contrainte de temps n’existe plus pour nous en studio. Je nous vois mal actuellement rentrer en studio tout en aillant à l’esprit que plus on traîne, plus ça coûte des ronds. Bon après, être signé par un label est une autre histoire. Je ne serais pas contre un contrat de licence avec Nerves.
- Nick :Si nous devions être signés par un label , nos conditions sont simples : toute démarche artistique est notre boulot, personne ne peut nous ordonner quoi que ce soit. Liberté est notre maître mot.

- Sur scène, allez vous jouer toutes les parties instrumentales « live » ?

- Federico : Le travail de studio est totalement différent du travail de scène. Il ne s’agit donc pas de proposer du live qui colle au son du studio (ça serait de toute façon impossible. ou trop complexe et surtout inintéressant). Donc on essaye de proposer un travail spécifique au public qui vient nous voir sur scène. Le verbe « voir » que je viens d’utiliser n’est pas utilisé au hasard. Notre présence scénique passe donc par l’énergie, le contact, l’action et la vision (le spectacle)'
- Vokobahn : Pour la scène nous avons un peu transformé les morceaux. Certains d’entre eux étaient impossible à refaire live tels qu’ils sont sur l’album (comme d’avoir 3 guitares différentes sur un même morceau).
On a donc adapté les morceaux , ce qui est très intéressant pour nous ,car ils continuent à évoluer, et pour le public, car il assiste à une interprétation différente de l’album.

- Quels sont, enfin, les projets de Popoï Sdioh ?

- Federico :jouer live, trouver un distributeur ou un contrat de licence pour l’album. Et : Avancer, continuer les enregistrements, expérimenter, découvrir d’autres horizons musicaux
- Nick :Déjà , assurer la promo de l’album, bien nous (re-)cadrer dans le paysage rock européen et faire des concerts intéressants. Ensuite, travailler de nouvelles compos (il y déjà quelques thèmes dans les cartons), améliorer le spectacle.

- Coin libre. Ecrivez ce que vous souhaitez et n’avez pu dire auparavant. Merci à vous pour ces quinze dernières années de superbe musique.


- Nick :Je n’aime pas faire le faux cul et remercier en général mais je sais déjà que de nombreux fans de LOP sont encore derrière nous, et je les respecte. Nous jouons d’abord pour eux et j’espère atteindre un nouveau (jeune) public qui aura découvert un semblant de goth/batcave avec M.Manson, Evanescence voire Indochine (rhâa, l’horreur !)

Emmanuël
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